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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 02:26

L'Arrêt de la prime pour l’achat d’un VAE est un contre-signal désastreux.

28/09/2017

 

Communiqué du Président du Club des villes et territoires cyclables, Pierre Serne

 

 

« Circulez, autrement qu’à vélo, y a rien à voir… nous dit le Gouvernement au démarrage des Assises nationales de la mobilité ! »

 

« Les Assises de la mobilité, annoncées par le Président de la République en juillet et lancées par le Premier ministre la semaine dernière à Paris, viennent de commencer, pour trois mois, et qu’apprend-t-on hier ? Que le gouvernement a décidé de ne pas prolonger la prime pour l’achat d’un VAE mise en place il y a seulement quelques mois ! Pour quelles raisons ? Mystère sinon le fait que le bonus semblerait « trop bien marcher ». Donc on le supprime. Cherchez l'erreur.

 

Pourquoi se hâter ainsi sur une mesure sans l’évaluer ? Nous l’ignorons. Le Gouvernement a-t-il pris connaissance des nombreux travaux, notamment ceux de l’Ademe, qui ont mis en évidence l’impact des incitations économiques en général sur l’usage du vélo et celui très considérable du VAE sur le transfert modal de la voiture individuelle vers cette solution de mobilité? Manifestement non ! Nous ne cessons pourtant de rappeler les bénéfices multiples, évalués, de l’usage du VAE en terme d’environnement, de santé publique et d’emploi. Le VAE étend le domaine d’emploi du vélo, en touchant des personnes jusqu’alors éloignées de ce mode : les actifs, les femmes, les personnes de plus de 50 ans, les personnes souffrant de handicap. De plus, les autres modes aidés par l’Etat, voiture et 2RM, sont-ils soumis à la même exigence vis-à-vis du rapport coût/bénéfice des bonus dont ils bénéficient ? La réponse est tout simplement non !

 

30 VAE vs 1 voiture électrique

Avec une prime pour l’achat d’une voiture électrique, on finance la prime pour 30 vélos à assistance électrique. Mais c’est sur le maintien de l’aide à l’achat de ce dernier qu’il était manifestement urgent que le Gouvernement cogne. L'enjeu n'est donc manifestement pas les économies réalisées.

 

Plus encore cette décision a aussi une portée symbolique, inévitablement, dans le contexte de démarrage des Assises de la mobilité. Le symbole – quel symbole – d’une nouvelle approche de l’économie de la mobilité du quotidien ? Car c’est bien ce qui soulève notre indignation : comment peut-on prendre une telle décision dans un contexte de concertation large à laquelle tous les acteurs sont invités. Les conclusions des Assises seraient-elles, dès lors, déjà écrites ?

 

En plus de la décision, de ses conséquences sur le ralentissement à craindre de l’essor du VAE (et de toute la filière économique créatrice d'emplois locaux qui se structurait) qui entraine dans sa roue le vélo en général comme solution de mobilité pour les territoires - tous les territoires y compris périurbains et ruraux -, ce sont en effet les modalités de la concertation qui s’engage qui interpellent.

 

A partir de là, légitimement, se pose pour les acteurs des mobilités actives que nous sommes la question : faut-il participer aux Assises de la mobilité pendant les trois prochains mois ? Est-ce bien nécessaire ?

 

Après un si mauvais signal de départ, nous attendons du Gouvernement qu’il apporte des réponses à cette question et surtout des engagements (puisqu'après tout la loi de finances n'est pas encore votée) notamment à 11 jours de l’ouverture des Rencontres nationales du transport public et de notre 21e congrès national à Marseille. »

 

[pdf] Lire le communiqué (105,82 ko)

 

Illustration de la progression de l'ascension des ventes de VAE sur cette infographie de Ouest France

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 20:16

Autopsie d’un scandale politique : l’écotaxe,

L'Autopsie d'un scandale politique : l'écotaxe, est un documentaire qui passe sur la TNT mercredi 27 septembre sur la 5.

Résumé :

L'histoire de l'écotaxe, c'est celle d'un naufrage.

Naufrage financier, naufrage de la volonté politique et, par-dessus tout, naufrage de l'intérêt général.

Née en 2007 dans l'euphorie du Grenelle de l'environnement et votée dans une belle unanimité politique en 2009, cette éco-redevance kilométrique devait financer l'utilisation et l'usure du réseau routier selon le principe du pollueur payeur.

En France, la taxe s'est heurtée au poids des corporatismes et illustre la faillite d'une politique publique dont tout le monde saluait pourtant l'ambition et la vertu.

Votée par la droite puis reprise par la gauche en 2013, l'écotaxe n'a cessé d'être retardée pour être suspendue en octobre 2014.

 
Pour en savoir plus :
 

http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/france-5-ecotaxe-histoire-d-un-derapage-

incontrole_7b20cb34-a2b5-11e7-a187-142106324ee0/

 

http://www.telerama.fr/television/ci-git-lecotaxe,N5211315.php

 

Dix ans de feuilleton


2007 Le Grenelle de l’environnement fait émerger le principe d’une taxe poids lourds.


2008 Vote du projet de loi à la quasi-unanimité. Grogne des transporteurs routiers, qui obtiennent de répercuter le surcoût de la taxe sur leurs clients (agriculteurs, industriels). Les industriels bretons se mobilisent à leur tour et décrochent un allègement de 20 %, puis de 40 % par rapport aux autres régions.


2011 La collecte de la taxe est confiée à la société italienne Autostrade via sa filiale Ecomouv’. Les camions seront équipés d’un boîtier GPS pour calculer la taxe au prorata des kilomètres parcourus. Quinze mille kilomètres de nationales et de départementales sont concernés, 173 portiques repéreront les fraudeurs. Recette fiscale attendue : 1,2 milliard d’euros par an.


2012 Prévue au 1er janvier, la mise en œuvre est repoussée à 2013.


2013 Installation des portiques, sur fond de crise agroalimentaire bretonne. En août, des manifestants démontent un premier portique. En septembre, le gouvernement Ayrault annonce un report de l’écotaxe à janvier 2014. La contestation se durcit, avec le mouvement des Bonnets rouges. Le gouvernement débloque un Pacte d’avenir pour la Bretagne (deux milliards d’euros, la moitié pour l’agroalimentaire).


2014 Ségolène Royal, nommée ministre de l’Ecologie, propose un « péage transit poids lourds » qui réduit le dispositif à 4 000 kilomètres. Les routiers menacent de paralyser le pays. Nouvelle suspension. En octobre, le gouvernement résilie son contrat avec Ecomouv’.


Novembre 2016 Les députés enterrent l’écotaxe.


2017 La Cour des comptes déplore le « gâchis » de l’écotaxe, son « échec stratégique » et son « abandon coûteux ».

 
Documentaire de 2017 : Autopsie d’un scandale politique : l’écotaxe, mercredi 27 septembre à 20h55 sur France 5
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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 06:04

Laval, le 25 09 2017

 

 

 

Communiqué de Presse

 

En 2017, on ferme encore des voies ferrées en Pays de la Loire !

 

Vendredi 29 septembre prochain, la Commission Permanente de la Région Pays de la Loire pourrait clore un chapitre de l’histoire ferroviaire de la Mayenne marqué par le prolongement de l’existence pendant 17 années supplémentaires d’une des voies ferrées les plus emblématiques du département de la Mayenne.

En effet c’est tout une épopée qui a permis la préservation de l’emprise ferroviaire de la Ligne Laval – Mayenne (la Chapelle Anthenaise à Ambrières dans les faits) que la Région va clore sans état d’âme à la demande de SNCF Réseau, l’EPIC qui a remplacé Réseau Ferré de France.

La deuxième fermeture serait la bonne ?

SNCF Réseau va pouvoir « fermer » une deuxième fois  la voie ferrée et  clore un dossier qu’elle avait  eu du mal à faire aboutir une première fois au cours des 17 ans marqués par les contentieux administratifs menés par la FNAUT Pays de la Loire.   

La FNAUT Pays de la Loire avait pu endiguer les fermetures irrémédiables de quelques voies ferrées en contestant sur la base du droit administratif les décisions bien souvent unilatérales de la SNCF. Contestations fondées et payantes du point de vue juridique puisque l’opérateur ferroviaire avait régulièrement été condamné par le TA de Nantes, ou le Conseil d’Etat. La FNAUT reconstruisait juridiquement ce  que la SNCF avait mis à terre depuis  mars 2000.

C’est ainsi que l’emprise ferroviaire avait été sauvée une première fois et que la FNAUT avait même réussi à lever tous les obstacles juridiques qui s’opposaient au retour du train dans le Nord Mayenne dès novembre 2007 (voir  http://www.fnaut-paysdelaloire.org/article-14107180.html). C’était sans compter la mauvaise volonté de l’opérateur ferroviaire, l’absence de détermination politique pour le retour du train, portée sur le territoire par les élus et les décisions prises avant l’arbitrage des tribunaux en faveur de la FNAUT  comme l’achat de l’emprise par le Conseil Départemental de la Mayenne http://www.fnaut-paysdelaloire.org/2016/11/la-sncf-obligee-de-racheter-une-emprise-ferroviaire-en-mayenne-suite-a-l-arret-de-la-cour-administrative-d-appel-de-nantes.html).

 

La FNAUT conteste encore  la fermeture 

En effet, elle vient d’adresser un courrier au Président de la Région des Pays de la Loire afin de surseoir à statuer sur cette nouvelle fermeture. C'est tout simplement parce que la précédente procédure de fermeture de la ligne Laval - Mayenne, dont la FNAUT conteste la décision depuis mars 2000, n'est toujours pas achevée juridiquement.

La SNCF a assigné le département de la Mayenne devant le tribunal de grande instance de Laval par acte d'huissier le 9 juin 2017, acte qui a été enregistré au tribunal le 27 juin dernier, conformément à la décision de la cour d'appel du Tribunal Administratif de Nantes de novembre 2016 qui condamnait une fois de plus la SNCF.

Mais SNCF réseau n'a pas respecté le délai octroyé par le juge puisqu’elle a présenté sa requête avec un mois de retard.

 

Dans ces conditions, la FNAUT ne comprend pas cette précipitation à présenter un nouveau dossier de fermeture dès juin 2017 alors que le dossier initial est encore chez le juge. Cela s'apparente à de l'acharnement et une mascarade de la part de la SNCF.

Stratégiquement SNCF Réseau montre une fois de plus de la précipitation pour supprimer les lignes de proximité qui répondent parfaitement à la nouvelle politique de transport préconisé par l'Etat.

C’est paradoxal, alors que la « Virgule de Sablé » vient d’être mise en service, que la SNCF veuille supprimer le seul itinéraire ayant un potentiel de voyageurs en Mayenne.

De surcroît, le dossier soumis à la consultation par la SNCF est "truffé" d'erreurs y compris sur l'infrastructure et le linéaire ce qui est inadmissible de la part de l’opérateur historique.

Voies ferrées : on ferme à la Région !

Comment la Région pourrait-elle se prononcer sur un dossier erroné où, par exemple, la déviation de Mayenne et ses effets sur le linéaire ne figurent pas ! Il en va de la crédibilité des élus de se prononcer sur des documents à jour et justes.

Le dossier de la SNCF fait fi également des vœux des Conseils de développement de Laval et de Mayenne, du CESER des Pays de la Loire (janvier 2009), d'élus, de la société civile et en particulier des citoyens, qui se sont prononcés pour la sauvegarde des voies et des emprises et se sont opposés au transfert (une pétition a même recueilli plus de 1300 signatures).

Une fermeture qui ne garantit pas la réversibilité et le retour du train

Comment la SNCF peut-elle prétendre, par cette fermeture, protéger le linéaire ferroviaire alors que depuis 2000 celui-ci n'a pas été respecté sur certains points ? Comment la SNCF pourrait-elle le garantir maintenant ?

Pour la FNAUT, pour ce dossier en particulier, toute décision qui irait dans le sens de la SNCF serait un pied de nez à la justice administrative et une nouvelle fois au monde associatif. Cela ne redorerait pas le blason de la SNCF auprès des associations d'usagers surtout que la Société Nationale a bien d'autres sujets à traiter que la FNAUT juge prioritaires (qualité de services, tarification, fiabilité...des TER ).

C’est pour tous ces éléments que la FNAUT a sollicité le retrait de l'ordre du jour de la prochaine Commission Permanente du point concernant la fermeture de deux tronçons de voie ferrée en Mayenne, que SNCF Réseau propose :  La Chapelle-Anthenaise à Ambrières-les-Vallées (Laval – Mayenne) et  Laval à Bonchamp-les-Laval.

Sera-t-elle entendue ? Rien est moins sure. L’actuelle majorité est moins volontariste que la précédente qui avait inscrit la ligne au SRIT (Schéma Régional des Infrastructures de Transport) [http://www.fnaut-paysdelaloire.org/article-11079054.html].

Fabrice EYMON

Président de la FNAUT Pays de la Loire

 

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 07:18

 

Élisabeth BORNE, ministre chargée des Transports, auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire

 

 

______________________

 

 

 

Lancement des Assises nationales de la mobilité – 19 septembre 2017

Discours d’Elisabeth BORNE, ministre chargée des Transports

 

Madame et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Mesdames et messieurs les présidents,

Mesdames et messieurs,

 

Aux termes de ces premiers échanges, je tiens à partager avec vous quelques convictions et mes attentes pour nos Assises.

Vous êtes venus nombreux, et je me réjouis de voir la famille des mobilités réunie. Votre présence témoigne de l’importance de ce que nous engageons aujourd’hui.

Le Premier ministre a présenté les défis que nous allons devoir relever ensemble, dans le prolongement du discours du Président de la République le 1er juillet dernier.

Ils nous ont fixé un cap. C’est à nous qu’il revient de construire les chemins pour le tenir.

-          « nous » ce sont d’abord les citoyens, les usagers, la France qui bouge et qui chaque jour a besoin de se déplacer ;

-          « nous » ce sont les autorités organisatrices et les collectivités qui, dans les territoires, mettent en œuvre des solutions innovantes pour répondre à ces besoins ;

-          « nous » ce sont les employeurs et le monde associatif qui attendent des réponses efficaces et par leur vigilance challengent les acteurs pour une meilleure mobilité ;

-           « nous » ce sont les opérateurs, les industriels et les entreprises dont les savoir-faire et l’engagement des salariés rendent chaque jour possible notre mobilité ; 

-          « nous » c’est enfin l’Etat qui doit ORIENTER, PROTEGER, REGULER.

Nous sommes une famille, et dans toutes les familles, chacun apporte sa singularité, sa richesse, ce qu’il est.

Dans cette famille, l’Etat n’a bien sûr pas la prétention de diriger ni d’imposer ses vues à tous.

Ce que nous voulons faire à travers ces Assises, c’est d’abord écouter et débattre, pour que l’Etat puisse mieux accompagner vos initiatives, mieux réguler ou mieux coordonner. En somme, mieux outiller les acteurs des mobilités pour que notre pays réponde aux attentes des citoyens.

Nous ne partons pas de rien.

De nombreuses démarches ont été conduites ces derniers mois.

Qu’il s’agisse de travaux parlementaires, des Etats généraux menés par le GART et l’UTP, du très important travail mené par TDIE avant l’élection présidentielle, ou de toutes les démarches menées dans les territoires, métropoles et régions. Nous en tirerons bien sûr profit.

*  *  *  *  *  *

Le Premier ministre l’a dit et les intervenants précédents l’ont parfaitement illustré, c’est une véritable révolution des mobilités que nous devons opérer, ce qui appelle incontestablement une mise à jour de nos politiques.

Plus précisément, au cours des trois mois à venir, nous devons simultanément mettre à jour nos priorités ET nos outils.

Mettre à jour nos priorités, c’est reconnaitre que lesbesoins et les attentes des Français en 2017 ne sont plus ceux de 1982 à l’époque de la LOTI.

C’est reconnaître également que nous n’avons pas su répondre à tous les besoins de toutes les populations ni de tous les territoires.

Et pour cela nous devons écouter les Français et leurs représentants.

C’est le sens des Ateliers des territoires que nous allons lancer et qui vont se dérouler pendant 3 mois à travers toute la France. Nous irons dans toutes les régions écouter ce que nos concitoyens ont à nous dire de leurs besoins et attentes.

Nous n’irons pas seulement dans les métropoles et les préfectures : nous irons également dans les territoires ruraux, dans les villes petites et moyennes ou les périphéries des agglomérations pour mieux comprendre la diversité des attentes.

Je participerai moi-même à plusieurs réunions.

Je sais par ailleurs que des collectivités ont souhaité organiser des rencontres citoyennes pour venir alimenter nos Assises nationales : je m’en réjouis et soutiendrai bien sûr toutes ces initiatives. 

Mettre à jour nos priorités, c’est aussi avoir une feuille de route claire en matière d’innovation.

Je veux que l’on profite de ces 3 mois pour approfondir plusieurs ruptures technologiques dans nos mobilités notamment le véhicule autonome, le big data, l'intelligence artificielle, les blockchains...

L'objectif est de pouvoir identifier très rapidement toutes les mesures susceptibles de libérer la créativité de nos territoires, de nos entreprises et de nos opérateurs. Je veux que nous apportions de nouvelles réponses de mobilité à nos concitoyens, à moindre coût et en optimisant nos infrastructures. Nous devrons aussi nous appuyer sur les expériences internationales.

Les 6 Ateliers thématiques

En écho à ces besoins et ces nouvelles opportunités, nous devons donc mettre à jour les politiques publiques.

Mon objectif, c’est d’assurer le développement de mobilités plus propres, plus autonomes, plus connectées et plus partagées. Pour cela nous devons faire évoluer nos modes d’intervention.

Pour l’Etat, la politique des transports s’est longtemps centrée sur une politique d’équipement, et c’était nécessaire.

Mais le Président de la République et le Premier ministre l’ont dit clairement : cette époque est révolue.

Aujourd’hui ma feuille de route repose sur 2 axes :

-          redonner aux mobilités traditionnelles un modèle soutenable,

-          et assurer le développement des nouvelles solutions de mobilité.

Après avoir été un bâtisseur, l’Etat doit devenir de plus en plus un architecte, un régulateur, un soutien à toutes les initiatives, venant des territoires comme des acteurs publics et privés.

C’est donc un changement de paradigme que nous devons opérer. Et je donne 6 objectifs à ces Assises.

(1) Le premier, c’est de créer les conditions pour réduire durablement les émissions de gaz à effet de serre en prenant pleinement en compte les enjeux de santé publique.

Pour cela, nous devons soutenir la transition vers les véhicules propres, et c’est le sens des dispositifs incitatifs mis en place par le Gouvernement comme du plan climat annoncé par Nicolas Hulot et qui vise à sortir du véhicule thermique.

Mais notre action ne se réduit pas à rendre les véhicules propres. Nous devons également mieux les utiliser grâce au covoiturage. Nous devons encourager les mobilités actives ou la multimodalité, et réduire les mobilités subies, par exemple en développant le télétravail ou des espaces de coworking. Réfléchissons ensemble à la manière d’accélérer les initiatives, nombreuses, qui se prennent dans les territoires.

(2) Le deuxième objectif de ces Assises, c’est de tirer parti de toutes les ruptures que permet le numérique pour offrir des nouveaux services à chacun.

Ces ruptures sont partout et redessinent déjà les services de transports, qu’il s’agisse du covoiturage, des VTC ou de l’information multimodale.. Mais je voudrais insister sur deux enjeux qui me tiennent à cœur.

Le premier, c’est d’accélérer la mise en place des offres d’information et de billettique intégrée à travers tout le territoire pour créer des parcours fluides. Je sais que de nombreuses autorités organisatrices ont innové en la matière. Elles permettent déjà à leurs voyageurs de passer du TER au bus ou au vélo en libre-service. Mais nous devons aller encore plus loin, en accélérant ces développements et en proposant des solutions pour se déplacer sur tout le territoire.

Le deuxième enjeu qui me tient à cœur, c’est de bâtir un cadre de régulation stimulant pour tous les nouveaux acteurs de la mobilité issus de l’économie digitale. Mais un cadre qui soit aussi protecteur pour les clients comme pour les travailleurs et qui garantisse des conditions de concurrence loyales.

Le numérique va bouleverser nos mobilités. Je tiens à ce qu’il soit synonyme de progrès concrets pour les voyageurs et qu’il puisse être le garant d’une mobilité plus durable.

(3) Le troisième objectif, c’est d’offrir des mobilités pour tous et dans tous les territoires, pour que l’accès à la mobilité physique ne soit plus un obstacle à la mobilité sociale.

C’est le sens de la priorité qu’a annoncé le Président de le République en faveur des transports du quotidien, c’est-à-dire ceux qui permettent d’accéder à un emploi, à une formation, ou plus globalement à l’ensemble des services. Pour répondre aux besoins de chacun, y compris les plus fragiles d’entre nous, il nous faut innover, notamment en prenant appui sur toutes les offres qui existent déjà : transports scolaires, sanitaires, covoiturage

Le numérique va rendre possible des optimisations importantes : nous devons les mettre au service de la réduction de toutes les fractures au sein de la société.

(4) Le quatrième objectif, c’est d’organiser une offre de transport qui tire parti des forces de chaque mode, de la voiture individuelle au RER, en passant par le bus, le TER ou les mobilités actives. Et pour cela, il faut mieux les connecter entre elles, assurer de meilleures correspondances, systématiser les rabattements vers les modes lourds.Cela ne passe pas forcément par des investissements massifs : c’est parfois simplement des parkings à vélo, une coordination des horaires ou une billettique intégrée.

(5) Le cinquième objectif, c’est de toujours mieux répondre à ce qui doit être notre promesse fondamentale, qui est de voyager en sécurité. C’est bien sûr d’abord s’assurer que nos réseaux sont bien entretenus, condition indispensable pour la sécurité routière et ferroviaire. C’est également la protection contre la menace terroriste, et sur ce sujet je souhaite qu’on mobilise l’innovation pour nous aider à mieux nous protéger.

Mais à l’heure où infrastructures et véhicules sont de plus en plus connectés, nous avons de nouveaux leviers pour renforcer la sécurité. Nous devons dans le même temps nous prémunir contre certains risques associés, qu’il s’agisse de cyber-sécurité ou de protection des données personnelles. C’est un domaine nouveau, riche de potentiel, mais nous ne devons pas être naïfs sur les risques liés à cette hyper-connexion.

(6) Enfin, le sixième objectif de nos Assises, c’est de mieux financer nos transports et d’en optimiser la gouvernance.

J’ai déjà beaucoup parlé des impasses que nous avons devant nous, et je sais que les collectivités font face à des difficultés similaires. L’avenir sera donc nécessairement fait de moins de grandes infrastructures, mais il nous faudra de toute façon construire de nouveaux modèles économiques et pour cela trouver de nouvelles ressources.

On le sait : la France est un des pays où la part du contribuable dans le financement des transports publics est la plus élevée. Il faudra se poser la question de la juste répartition de l’effort entre le contribuable et l’usager, à un moment où l’endettement ne peut plus continuer à croître. Par ailleurs, les autorités organisatrices sont désormais pleinement compétentes et ont la main pour définir les offres sur leur territoire.

Mais toutes les questions de coordination n’ont pas été résolues. Profitons de ces 3 mois pour poser les bonnes questions et trouver les solutions qui répondront à vos besoins.

Les conditions de succès des Assises

Ce sont donc les 6 thèmes qui seront traités en priorité lors de nos Assises. L’objectif est simple : mettre à jour nos politiques de transport.

Au travers de ces 6 ateliers, vous pourrez proposer des recommandations qui alimenteront le volet « nouvelle mobilités » de la future loi d’orientation.

Comme vous le savez, cette loi comportera également un autre volet sur la programmation et le financement des infrastructures. Pour l’alimenter, nous avons souhaité nous appuyer sur les travaux d’un Conseil d’orientation des infrastructures. Celui-ci devra traduire dans des propositions concrètes les objectifs énoncés par le Président de la République : priorité donnée à la mobilité du quotidien, d’une part, et priorité à l’entretien et la modernisation de nos réseaux, d’autre part.

Mais plus généralement, ce Conseil devra nous aider à dessiner le paysage des transports à horizon de 20 ans, à partir duquel le Parlement sera en position de décider les infrastructures qu’il souhaitera financer dans les 5 prochaines années.

Voilà pour les travaux qui vont être menés dans chacun de nos groupes. Bien sûr, celles et ceux qui le souhaitent à titre individuel peuvent contribuer par un simple commentaire sur la plateforme mise en ligne depuis ce matin ou à travers des cahiers d’acteur.

Nos objectifs sont clairs. Ils sont ambitieux. Mais ils sont à la hauteur des enjeux. 

*  *  *  *  *

Pour terminer, je veux partager avec vous une conviction.

Nous réussirons si chacun prend sa part à cette réflexion et contribue à construire le cadre qui permettra à l’Etat, aux collectivités, aux opérateurs ou aux entreprises de bâtir les meilleurs réponses aux besoins de chacun.

Cette mobilisation collective doit aussi nous permettre d’offrir rapidement à nos concitoyens des améliorations concrètes dans leur vie quotidienne.

Nous aurons réussi cette révolution des mobilités si nous avons accéléré le renouvellement des parcs de véhicules les plus polluants en accompagnant les plus modestes.

Nous aurons réussi si avec un smartphone, une seule carte il est possible de se déplacer sur tout le territoire.

Nous aurons réussi lorsqu’aucun de nos concitoyens ne sera plus conduit à refuser un emploi parce qu’il n’a pas de solution pour s’y rendre.

Nous aurons réussi si nous sommes les premiers à développer les véhicules autonomes comme solution concrète pour desservir les territoires périurbains ou ruraux..

Votre présence aujourd’hui témoigne de votre engagement et j’y vois un gage de réussite. Nous avons 3 mois devant nous pour lancer cette révolution des mobilités.

Alors je vous invite à rejoindre les ateliers pour approfondir notre feuille de route commune !

Je vous remercie.

 

Discours d’Elisabeth BORNE, ministre chargée des Transports, pour le lancement des Assises nationales de la mobilité

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 00:19

La Fnaut rappelle qu'il existe aussi une voie ferrée Nantes Pornic, insuffisamment utilisée. Il est donc possible de diminuer le nombre de morts, de réduire la pollution, d'arrêter de bitumer des terres agricoles, tout en limitant les coûts de transport pour les ménages.

Communique de Presse – 4 sept. 2017

 

Nantes - Pornic Il est temps de changer de programme 

 

Les média font état périodiquement du trafic croissant de l’axe routier Nantes Pornic et des morts qui, malheureusement, l’accompagnent. Il existe une autre solution que d’étendre continuellement les portions à 2 x2 voies qui ne font qu’entraîner plus loin d’autres besoins d’élargissement et accroissent les trafics routiers.

 

La voie ferrée, remise en état récemment, est très insuffisamment desservie, alors qu’elle pourrait répondre aux besoins d’une partie des automobilistes, en particulier ceux résidant à proximité des gares, ou pouvant y accéder facilement.

 

Les 7 allers et retours quotidiens en train ne permettent de disposer que de quelques trains aux heures de pointe, et laissent de longues périodes, jusqu’à 4 h,  sans desserte. Il faut évoluer vers une desserte cadencée à l’heure,  renforcée en heure de pointe, pour attirer beaucoup plus de voyageurs.

 

Les investissements de doublement de voie routière (à charge du département) sont à recycler dans des trains supplémentaires et des investissements d’accompagnement, améliorant la fiabilité avec des zones de croisement, et un renforcement de la signalisation ferroviaire (normalement à charge de la Région). La séparation des compétences  entre structures ne favorise pas une réponse cohérente aux besoins de déplacement, utilisant pourtant de plus en plus plusieurs modes.

 

Les deux collectivités avaient su s’entendre pour Nantes Châteaubriant, quand le Conseil Départemental avait largement cofinancé la réouverture de la ligne plutôt que d’élargir l’axe routier parallèle. Pourquoi ne feraient-elles pas preuve ici du même engagement  pour Nantes Pornic ?

 

En jeu : moins de morts, de consommation énergétique et de pollution, des coûts de transport réduits pour les ménages, une bonne utilisation des infrastructures existantes, sans emprises nouvelles, et un programme favorisant la transition énergétique, qui est  si urgente.

 

Un tel programme devrait rallier la grande majorité des décideurs, qui, pourraient   évoquer  aussi la situation  de Nantes Saint Nazaire, où les automobilistes sont souvent englués dans les embouteillages.

 

Fnaut Pays de la Loire    association régionale des usagers des transports      

 

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 07:29

 

Communiqué de Presse

du 8 septembre 2017

 

 

La FNAUT : "la voix des usagers"

 

En cette rentrée 2017, la FNAUT a choisi de conserver son nom, la FNAUT, et de faire évoluer son logo, pour mieux affirmer sa vocation d'être "LA VOIX DES USAGERS".

Ces mots deviennent la baseline d'un logo qui prend la forme d'une bulle écho symbolisant une FNAUT se nourrissant des messages et préoccupations des usagers pour les porter et les exprimer auprès des pouvoirs publics et des médias.

La FNAUT n'a pas changé son nom : "Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports publics" qui traduit bien son positionnement, celui d'une fédération regroupant des associations variées.

Elle n'a pas davantage supprimé le mot "usager" pour le remplacer par voyageur ou client. En effet ces deux mots conviennent à la dimension "association de consommateur" et à l'agrément dont bénéficie la FNAUT. Mais la FNAUT est bien plus que cela. Ses adhérents, consommateurs exigeants, sont aussi des citoyens impliqués dans les politiques de mobilité, de transition énergétique, de changement climatique.

En épousant cette double dimension, le mot "usager" se renouvelle, rajeunit, et retrouve une grande actualité.

Enfin, la FNAUT n'a pas davantage remplacé "transports publics" par "mobilité" car elle est attachée à une vision collective et non individuelle de la mobilité. Elle confirme cependant sa vocation à prendre en compte tous les modes actuels et nouveaux, et à défendre tous les usagers du transport public, du transport à la demande, de l'autocar, du covoiturage.

 

- FNAUT : la voix des usagers (brochure de présentation)

- Les positions de la FNAUT

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 06:33

 

Communiqué - 11/9/2017

 
Les préoccupations de la FNAUT doivent être au cœur des Assises de la mobilité


Il faut répondre aux besoins croissants des usagers des transports, éviter la saturation des réseaux routier et ferré, et inciter au report modal pour réduire la pollution de l’air et lutter contre le réchauffement climatique. Un changement majeur des priorités est donc urgent. Les nouvelles mobilités ne sont pas la solution-miracle, de grands investissements bien choisis restent nécessaires.
 

Des efforts supplémentaires pour répondre aux besoins actuels
 
La priorité affichée au réseau ferré classique pour les trains de la vie quotidienne (trains régionaux et Intercités) exige des efforts financiers supplémentaires de régénération du réseau, mais aussi de ponctualité. Les événements de l'été à la gare de Paris-Montparnasse ont démontré l'urgente nécessité de renforcer la robustesse des services et la fiabilité de l'information des voyageurs.
 
Les dessertes et fréquences des TER, Intercités et TGV doivent être étoffées : une stratégie de développement - et non de régression - doit être mise en œuvre par la SNCF, à l’exemple d’Air France.

 


Des décisions rapides pour répondre aux besoins futurs
 
Il faut aussi anticiper les besoins futurs, ce qui suppose de décider dès aujourd'hui les investissements nécessaires et de les programmer. Le 4ème appel à projets de transports urbains en site propre, des lignes nouvelles sur la transversale sud et l’axe Paris-Normandie ainsi que le Lyon-Turin sont indispensables pour répondre aux évolutions démographiques et protéger l’environnement.
 
Une concurrence régulée entre opérateurs ferroviaires
 
La qualité des services ferroviaires et une baisse de leurs coûts de production doivent être une exigence quotidienne que peut faciliter une mise en concurrence régulée, promise mais encore non réalisée, sous la forme de délégations de service public pour les trains TER et Intercités.
 
La maîtrise des « nouvelles mobilités »
 
Les nouvelles mobilités doivent se développer dans l'équité entre les modes de transport, qu’il s’agisse des conditions d'accès aux professions et des exigences de formation, de la fiscalité, de la contribution financière au fonctionnement des équipements publics par application du principe « utilisateur-payeur », ou de l’équité environnementale par application du principe « pollueur-payeur ».
 
La mise en œuvre des nouvelles mobilités ne doit pas être piloté uniquement par la recherche et le marché, elle doit aussi être régulée par une complémentarité organisée de tous les modes de déplacement.

 
Contacts presse :

  • Bruno Gazeau, président de la FNAUT, tél. 06 76 73 31 09
  • Jean Lenoir, vice-président, tél. 06 19 09 78 89
  • Jean Sivardière, vice-président, tél. 04 76 75 23 31
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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 05:46

Trouvez facilement votre fiche horaire en Pays de la Loire grâce à la recherche par ligne ou par gare.

 

Téléchargez les fiches horaires de toutes vos lignes TER Pays de la Loire avec les dernières mises à jour en allant sur le site :

 

https://www.ter.sncf.com/pays-de-la-loire/depliant/recherche

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 09:15

 

 

Voyager à Nantes pendant les journées du patrimoine en autobus du passé

 

Les "autobus du passé" sont à l'honneur à l'occasion des des Journées du patrimoine. En effet, deux journées sur ce thème sont proposées.

 

Tout d'abord une balade, l'association Omnibus Nantes organise, samedi, un voyage en autobus articulé à bord du Heuliez GX 187 n°807, dernier bus musée adopté par l'association . Rendez-vous à partir de 9 heures à Commerce quai D (tarif adhérent : 3 € ; tarif non adhérent : 5 €).

 

Et découvrez la filiation des bus articulés de la SEMITAN

 

Dimanche Omnibus Nantes et la SEMITAN présentent une exposition photographique sur quarante années d'autobus articulés nantais. Cette exposition retracera l'utilisation  des bus à « accordéon » du Setra SG 180 M aux derniers véhicules au GNV à plancher surbaissé, exploités sur le réseau de la SEMITAN.

Affiche Journée du Patrimoine Omnibus

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 07:37

Site internet de la gare de Laval

 

Billet d'humeur

 

La gare de LAVAL  : La "com" c'est pas le top !

 

Alors que la passerelle connait sa phase de finition... l'affichage des travaux fait défaut !

 

L'information n'est pas mieux donnée sur le site de la gare de Laval qui indique seulement les phases de travaux passées et en particulier la phase 3 (l'aménagement du hall arrivées) qui date de Septembre 2016 ! Nous voilà bien informé !

 

Rien sur la ZAC de la Gare, rien sur les travaux présents et futures, ni sur les interruptions de trafic ! Nous voilà replonger à la belle époque du calendrier des opérations coup de poing en relation avec les travaux de la LGV dont les informations filtraient !

 

Site Internet de la gare de Laval : en veilleuse depuis 1an !

 

Rien sur les travaux de la passerelle, rien sur les arrêts de trafic dont le prochain celui du 16 septembre  verra  l’arrêt des circulations vers le Mans et Angers pendant toute cette journée...

 

Et comme l'affichage en gare fait défauts... comme d'habitude !

 

Avec un peu de chance il y aura un communiqué de presse pour nous informer... On voit bien que la SNCF prend sa communication au sérieux.

 

Cerise sur le gâteau : le 16 c'est aussi un des jours de fonctionnement de la promo tarifaire pour les journées du patrimoine...

 

Horaire de Angers - Laval pour le 9 09 2017

Horaire de Le Mans - Laval 16 09 2017

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N'hésitez pas à réagir à notre vision de l'univers régional des transports en Pays de la Loire et un peu au-delà parfois !

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