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20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 06:37

 

"Pour moi le combat NDDL s’arrête là"

par Françoise Verchere

 

Être Cassandre est fatigant parce que la malédiction divine ( une sombre affaire de jalousie du dieu Apollon que je vous engage à relire) veut qu’elle ne soit jamais crue. Je me souviens comme si c’était hier de ce bureau du Conseil Général où j’ai prévenu Patrick Mareschal et mes collègues de la montée d’une opposition très forte, venue des rangs des gens de gauche, au projet d’aéroport à NDDL. Ils m’ont ri au nez. Je ne m’étais pourtant pas trompée.

 

Depuis l’annonce de l’abandon de ce mauvais projet, je voyais venir les nuages : notre incapacité à libérer vraiment la route des chicanes malgré les efforts de beaucoup, paysans, zadistes, militants allait donner une bonne raison au gouvernement d’intervenir. La volonté de beaucoup des nouveaux habitants de refuser la proposition de conventions d’occupation précaire individuelles bloquait le dialogue engagé avec la préfecture. Ce refus était fondé sur une revendication de convention collective certes conforme à ce qui se vit sur la ZAD mais moins prioritaire à mes yeux que la « régularisation » donc la sécurisation des lieux les plus emblématiques de la ZAD. Près de trois mois après l’abandon, rien de concret n’était visible aux yeux de l’opinion publique et aux yeux du gouvernement. Le désir de revanche, ou la volonté de montrer que « force revient à l’État de Droit » allait faire le reste.

 

Le CéDpa que je copréside avec le maire de NDDL et au nom duquel je parle dans les media avait été très clair et unanime depuis son AG du 14 mars et son CA suivant: demande de libération de la route et soutien aux activités agricoles, sociales et culturelles dans le respect des règles avec droit à l’expérimentation. Un collectif d’élus peut-il dire autre chose ? Nous en avons prévenu les autres composantes du mouvement et en tout premier lieu les habitants. Nous avons dit qu’il fallait faire vite, que la date d’intervention annoncée serait vraisemblablement tenue.

 

Lorsque cette intervention a démarré, nous n’avons donc pas été surpris. Mais comme à chaque fois ou presque qu’on en arrive à l’épreuve de force, tout dérape ; au-delà de la route, les gendarmes détruisent les 100 noms ( erreur ? volonté de faire un exemple ? Je n’en sais rien ). La machine à faire le pire est lancée : tous ceux qui n’auraient pas bougé si l’opération s’était limitée à la route, ce qui en dit long tout de même sur les problèmes réels que tous connaissaient, remontent en soutien, les déclarations pleuvent de ceux qui ne connaissent souvent pas la réalité de la Zad, l’idée de convergence des luttes plane évidemment, et peut-être de grand soir, la violence augmente chaque jour…Un immense gâchis, une semaine de cauchemar.

 

Il est toujours plus facile d’être manichéen : le monde est plus simple, on pense qu’il y a les bons d’un côté et les méchants de l’autre. La violence réelle subie, y compris par les plus pacifistes, fait oublier la part de responsabilité que porte le mouvement anti-aéroport dans cette situation. La préfète est une traître, le CéDpa aussi sans doute. Eh bien non, ce n’est pas la vérité. Or le travestissement de la vérité, volontairement ou par aveuglement m’est insupportable et ce travestissement est parfois irresponsable. Personne ne peut me suspecter d’être pro-gouvernement ni anti-zadiste. Je suis consciente de la manière dont la répression de tous les mouvements sociaux s’est aggravée depuis plusieurs années, je suis opposée à l’armement dangereux des forces de l’ordre mais je ne veux pas non plus que fassent la loi, sans la loi, certains radicaux de la route des chicanes ou de quelques autres lieux avec qui je défie quiconque de passer une après-midi.

 

La vérité, c’est que la préfète n’a jamais demandé que les projets soient ficelés, ce qui nécessite effectivement du temps ne serait-ce qu’à cause de la question de la propriété des terres. Elle voulait un lieu, un ou plusieurs noms, un projet. Était-ce vraiment excessif ? On ne peut pas s’appeler Camille jusqu’à la fin des temps me semble-t-il…mais rien n’est venu, sauf deux jours avant les expulsions, une proposition collective sans un seul nom. Les agriculteurs historiques vont eux aussi devoir signer des conventions précaires avant que ne soit réglée la question de la propriété des terres, la Zad va-t-elle leur demander de ne pas le faire au motif qu’il faudrait une convention collective ? J’en doute. Et si c’était le cas obéiraient-ils ? J’en doute encore plus...

 

La vérité, c’est que la Zad a deux faces, une face lumineuse et une face plus sombre. Les pro-aéroport n’ont montré que la face sombre, en ont fait leur miel pendant des années, certains media aussi. Je me suis exprimée, autant que je l’ai pu, pour parler de sa face lumineuse, des expériences formidables qui y sont nées et qui méritent de continuer. Aujourd’hui, je lis des textes, des prises de position qui occultent les difficultés et oublient la face sombre. Je lis que c’est un combat de fond entre deux agricultures, (voire entre deux mondes), que l’État a menti, que le dialogue engagé était hypocrite etc. Mais enfin regardons la réalité en face et la vérité : en quoi signer des conventions individuelles empêchait-il de poursuivre le non-marché, le maraîchage, l’élevage, la bibliothèque, la conserverie ? La préfète avait entendu le fait qu’il y avait des activités para-agricoles. Tout le monde savait que le combat entre les deux visions de l’agriculture aurait lieu, s’il devait avoir lieu, plus tard sur l’attribution ou la réattribution des terres. On avait du temps à partir du moment où un minimum de lieux étaient sécurisés. Mais le « mouvement » a exigé l’impossible. « Nous sommes les seuls légitimes à nous occuper du territoire » a-t-il clamé, provoquant le retrait immédiat du CéDpa de cette revendication illusoire. En évaluant très mal le rapport de force nouveau né de l’abandon de l’aéroport, et en se figeant dans une posture ne permettant pas la négociation.

 

La vérité c’est que la délégation de neuf personnes représentant les diverses associations et les zadistes est dépendante d’une assemblée des usages, sorte de parlement de la Zad, dont le fonctionnement aboutit ou à l’impuissance (pour la route par exemple) ou à la radicalité.

 

La vérité, c’est que des zadistes eux-mêmes n’en peuvent plus des actions négatives de certains de leurs voisins. La vérité c’est qu’il ne fallait jamais le dire au nom de « l’unité du mouvement »...ce que j’écris là ne justifie en rien la violence de la destruction qui est intervenue et n’enlève rien à l’immense peine que nous avons tous de la destruction de certains lieux. Je serais volontiers allée reconstruire avec beaucoup la bergerie des 100 noms mais cette fois pour l’ avenir et pas pour tenir une guerre de tranchée. Cela ne sera pas car je suis désormais « persona non grata » sur la Zad, vient-on de me signifier. J’ai vécu des années sans connaître Notre-Dame-des-Landes et son bocage à qui j’ai beaucoup sacrifié, je pense que je survivrai sans y aller. Et je rêverai simplement aux tritons et aux campagnols en me souvenant que j’ai fait ma part pour les sauver...

 

Dans mon passé de maire, j’ai eu à régler des histoires d’installations illégales avec des gens du voyage. J’ai été vouée aux gémonies des deux côtés : par les gens du voyage à qui je demandais un minimum de respect des règles, en échange du droit de stationner et des raccordements à l’eau et à l’électricité, et par les sédentaires qui me trouvaient laxiste. Comme si « la juste mesure » était insupportable, alors qu’elle me semble un moyen de vivre ensemble. J’ai un peu l’impression de revivre cette période mais aujourd’hui je suis fatiguée et je ne le supporte plus. 

 

Il est donc temps pour moi de mettre fin à ce combat. Que les donneurs de conseils de tout poil prennent la relève, ils ont l’air d’avoir des idées, certains surtout depuis leur ordinateur ou leur smartphone.

 

Il est temps aussi de quitter Facebook pour d’autres raisons. Je publie donc ce dernier texte qui vivra sa vie sans moi.

par Françoise Verchere

 

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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 00:44

 

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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 06:06

L’abandon de Notre Dame des Landes

doit enclencher une autre politique des transports

 

Communiqué Fnaut PL du 20 Janvier 2018

Lien vers le Communiqué Fnaut nationale

 : 180117 CP Fnaut Abandon nlbs.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le projet de déplacement de l’aéroport est enfin abandonné. Ne garantissant aucunement des liaisons aériennes supplémentaires, le projet était coûteux et nuisible pour l’environnement. L’analyse comparative de la Commission de Médiation a confirmé ces points mis en avant depuis longtemps par les opposants.

 

Il est maintenant nécessaire de remobiliser les énergies pour développer des transports plus respectueux de l’environnement.

 

Une desserte de l’aéroport Nantes Atlantique moins « automobile »

 

NA ne doit pas rester le seul aéroport national d’importance sans desserte ou programme  tram ou train de qualité. Nantes Métropole doit lancer la prolongation du tram sur 2 km à partir de Neustrie ; il permettra d’assurer avec une forte fréquence une desserte sur une plage horaire couvrant l’horaire d’ouverture de l’aéroport, pour répondre aux besoins des voyageurs et des employés de l’aéroport et des activités voisines, qui nécessitent aussi des équipements cyclables.

 

La ligne ferroviaire Nantes Pornic St Gilles doit desservir l’aéroport par une halte nouvelle, pour le relier au réseau régional.

 

Il serait aussi judicieux que les deux régions Pays de la Loire et Bretagne favorisent  une liaison ferroviaire mettant en relation les deux  capitales régionales et leurs aéroports, qui sont très proches de la voie ferrée, et ce avec des fréquences améliorées.

 

Des alternatives ferroviaires aux relations des Pays de la Loire avec le territoire national

 

Le Premier Ministre a affirmé la volonté de mieux relier Nantes avec les aéroports parisiens. Cela passe par l’augmentation des capacités du tronçon Nantes Angers, qui est saturé, et par la réalisation de l’interconnexion Sud (tronçon Massy Valenton en banlieue parisienne) bloquée depuis des années. L’investissement donnerait de nouvelles capacités et améliorerait la fiabilité des TGV diamétraux, qui desservent Roissy, et mettent surtout en relation l’ensemble de la Région, via les gares de Nantes, Angers et le Mans  avec les axes en direction de Lille, de Strasbourg, de Lyon et de la Méditerranée.

 

La Fnaut demande une amélioration du projet de réhabilitation de la ligne ferroviaire Nantes Bordeaux, qui peut se parcourir en 3h15. Plus rapide, elle pourrait ainsi être empruntée par une partie des 250 000 voyageurs annuels des vols Nantes Toulouse, tout en bénéficiant au littoral vendéen et charentais.

 

Il serait enfin nécessaire que les décisions prises soient à l’origine d’une politique globale de transfert modal, visant à réduire l’expansion incontrôlée du transport aérien et de sa production de Gaz à Effet de Serre. La France est très en retard dans la taxation écologique de l’énergie, à laquelle échappent toujours de nombreux secteurs des transports, dont l’aérien.

 

 

fnaut pays de la loire             Maison des Associations         1 rue d’Auvours  44000 NANTES 

 

Président :  Fabrice Eymon – Laval - 02 43 53 15 54 et 07 68 11 62 48          fabrice.eymon@fnaut-paysdelaloire.org

Secrétaire : Dominique Romann – Saint Herblain - 02 40 38 01 06                               dominique.romann@wanadoo.fr

Site internet      :            http://www.fnaut-paysdelaloire.org/

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 16:03

 

Notre-Dame-des-Landes : une décision de bon sens


La décision de moderniser l’aéroport de Nantes-Atlantique au lieu de le transférer à Notre-Dame-des-Landes est pertinente. La FNAUT souhaite qu’elle soit la première étape d’une nouvelle politique de transports consistant à sélectionner les infrastructures présentant un bilan socio-économique positif.
 
Une décision courageuse
 
La décision du gouvernement a été prise contre l’avis de nombreux élus locaux (de droite et de gauche), des milieux économiques et d’une partie de l’opinion. Elle démontre qu’il est possible de résister aux groupes de pression et de donner la priorité à l’intérêt général.
 
Une décision pertinente
 
La modernisation de l’aéroport existant, trop longtemps ignorée bien que recommandée par de très nombreux professionnels de l’aviation civile, constitue une alternative efficace à son transfert.
 
L’aéroport de Genève est lui aussi encastré en milieu urbain, il ne possède qu’une seule piste, son trafic est quadruple du trafic nantais (15, 8 millions de passagers en 2015) et le nombre des vols y a quasiment stagné grâce à un meilleur remplissage des avions. Le déplacement de l’aéroport a été évité par des progrès techniques et un couvre-feu nocturne.
 
Qui se souvient encore du projet du troisième aéroport parisien, longtemps jugé indispensable ?
 
Un mode de transport à repositionner
 
Le doublement annoncé du trafic aérien à Nantes ne peut cependant être accepté. L’avion est en effet un gros consommateur d’énergie fossile et un très fort émetteur de gaz à effet de serre (36 fois plus que le TGV et 16 fois plus que la voiture, selon une étude réalisée pour RFF et la FNAUT en 2013).
 
L’amélioration des relations ferroviaires entre Nantes et les aéroports parisiens (via la grande ceinture parisienne sud) ainsi que le reste de la France (en particulier Bordeaux), ainsi qu’une taxation du kérosène, peuvent contribuer à limiter le nombre des vols au départ ou à destination de Nantes.
 
Une politique des transports à actualiser
 
La FNAUT attend maintenant que la sélection des grands projets d’infrastructures de transport soit conforme aux engagements du gouvernement en matière d’aménagement du territoire et de lutte contre le réchauffement climatique. La modernisation des réseaux existants de transports collectifs est évidemment indispensable mais elle ne peut suffire pour capter massivement les trafics routiers et aériens. Il faut consacrer une part des financements aux grands projets stratégiques, urbains et ferroviaires.

 
Contacts presse :

  • Bruno Gazeau, président de la FNAUT, tél. 06 76 73 31 09
  • Jean Lenoir, vice-président, tél. 06 19 09 78 89
  • Jean Sivardière, vice-président, tél. 04 76 75 23 31

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 11:33

21 décembre 2017

Décidément les mensonges continuent…

 

La décision n'est pas encore prise mais les pro aéroports NDDL sentent bien que le vent tourne et que l'argumentaire de leur dossier a été largement entamé par le rapport des Médiateurs. Cela n'empêche pas le Syndicat Mixte Aéroportuaire d' écrire au Président de la République un courrier sur neuf points dont la médiation a pourtant montré de façon détaillée les faiblesses...

 

Aussi l’Atelier Citoyen ne pouvant laisser passer de telles contre-vérités y répond point par point.

Lire la réponse de l’Atelier Citoyen

Réponse de l'Atelier Citoyen

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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 12:36

Une évaluation carbone à préciser

Rapport médiateurs Aéroport du Grand Ouest

 Etude Carbone 4

Décembre 2017

 

 

80 % des émissions « locales » de CO2 du projet viendraient des approches terrestres des passagers (et employés). Elles sont donc à apprécier précisément, d’autant que la différence de bilan carbone, bien qu’en faveur du maintien à NA, est déclarée « peu significative ».

 

L’affirmation que la même proportion de passagers (10%) prendrait le tram train ou le tram nous semble trop approximative. Si l’utilisation du transport public dépend de nombreux facteurs (offre parkings, etc…), la qualité de l’offre du transport public est primordiale. Or elle est et sera très différente suivant les options :

 

 

Tram train vers NDDL

Tram vers NA

Fréquence

30 mn envisagés. Actuellement pour la ligne Nantes Sucé 30 mn en heure de pointe seulement, fréquence horaire pour le reste,  

Actuellement sur la ligne 3 proche de NA : en moyenne 6 à 7 mn, 6 à 10 mn de 20h30 à 22h30, 30 mn après 22h30

Plage horaire  de desserte

environ de 6h30 à 20 h, actuellement sur le tram train Nantes Sucé.

Actuellement: environ de 5h à 2 h du matin, sauf dimanche (de 6h à 0h15)

Durée trajet

40 mn

25 mn

Tarif

6,00 €, d’après les tarifs TER pratiqués pour la même distance. Des tarifs plus élevés sont probables du fait des déficits, car une part des passagers aériens est peu sensible au prix, mais cette augmentation jouerait un peu sur la fréquentation.

1,60 €

Possibilité d’une tarification spéciale plus élevée ?, peu probable car complexe à mettre en œuvre, et du fait de la desserte de   Airbus et de la zone d’activité, qui relèvent de l’activité normale de la TAN

 

Pour les tram-train, la Région, autorité organisatrice, maintient la desserte dans une plage horaire réduite et avec une fréquence limitée hors heure de pointe pour réduire le subventionnement (le passager paye en moyenne 28% des frais de fonctionnement, alors que sur le réseau urbain la couverture est supérieure, de l’ordre de 38%). Pour le TT, il est possible qu’une desserte par car serait proposée en dehors de la plage horaire donnée ci-dessus, ce qui est moins attractif. La ligne devra rester fortement subventionnée (par la Région seule ?) au vu du trafic attendu, plus faible qu’à Lyon-Satolas, Nice, etc…, surtout si l’on veut améliorer la desserte. Pour le tram, allongé seulement de 2 km, le bilan recettes dépenses du réseau devrait peu varier, d’autant qu’il desservirait aussi la zone d’activité proche.

 

Il nous semble donc que si 10% est une proportion plausible dans le cas de Notre Dame des Landes, ce chiffre devrait être probablement au moins doublé pour le tram. Une expertise complémentaire, distinguant passagers aériens et employés de l’aérien et des activités voisines,  devrait le préciser, en s’appuyant aussi sur un relevé de cas similaires. La prise en compte de pourcentages d’utilisateurs plus réalistes modifierait significativement le bilan carbone des options, qui pèsera en permanence sur la solution choisie, et non seulement sur les 20 ans pris en compte.

 

La prolongation du tram est aussi plus plausible que la réalisation du tram-train, pour lequel la région a montré beaucoup de réticences, au vu du coût et du bilan d’exploitation. 

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20 décembre 2017 3 20 /12 /décembre /2017 07:00





 

 

Notre-Dame-des-Landes : un aéroport inutile

Communiqué - 18/12/2017


Les trois médiateurs ayant remis leur rapport, on attend maintenant la décision du chef de l’Etat : la FNAUT espère un choix favorable à la modernisation de l’aéroport existant.
 
Une consultation peu significative
 
Le périmètre - le seul département de la Loire-Atlantique, et non les régions Pays de la Loire et Bretagne - retenu, après sondages, pour la consultation du 26 juin 2016 sur « l’aéroport du Grand Ouest » ne visait qu’à légitimer le choix du gouvernement Valls en faisant émerger un vote favorable à un nouvel aéroport.
 
L’Etat affirmait par ailleurs, ce qui était faux (voir ci-dessous), que l’aéroport existant de Nantes-Atlantique, même modernisé, ne pouvait répondre aux besoins futurs.
 
Le résultat du vote n’est donc pas significatif et ne doit pas influencer la décision finale.
 
Un rapport utile des médiateurs
 
Les trois experts membres de la commission du dialogue ont consulté largement, y compris les associations dont la FNAUT, et fait réaliser de nouvelles expertises, attendues depuis longtemps, sur les deux options possibles : modernisation de Nantes-Atlantique et transfert à Notre-Dame-des-Landes.
 
Ils ont démontré que la modernisation de l’aéroport existant, largement ignorée auparavant bien que recommandée par de très nombreux professionnels de l’aviation civile, constituait une alternative crédible à son transfert - techniquement, écologiquement et financièrement.
 
Un mode de transport à repositionner
 
La FNAUT regrette cependant que les médiateurs ne se soient pas interrogés sur  le doublement annoncé du trafic aérien à Nantes, qui ne peut être accepté comme un phénomène inéluctable. Le transport aérien est en effet le plus gros consommateur d’énergie fossile et le plus fort émetteur de gaz à effet de serre.
 
L’amélioration des relations ferroviaires entre Nantes et les aéroports parisiens (via la grande ceinture parisienne sud) ainsi que le reste de la France (en particulier Bordeaux), et une taxation du kérosène consommé lors des vols intérieurs, peuvent contribuer à limiter la croissance du trafic aérien.
 
Un choix final qui doit tenir compte des contraintes financières et écologiques
 
Le choix entre la modernisation de l’aéroport existant et son transfert appartient maintenant au chef de l’Etat. La FNAUT attend qu’il soit conforme à ses engagements en matière de gestion rigoureuse de l’argent public, de sauvegarde de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique : la politique des transports doit être actualisée.
 
Contacts presse :
- Bruno Gazeau, président de la FNAUT, tél. 06 76 73 31 09
- Jean Lenoir, vice-président, tél. 06 19 09 78 89
- Jean Sivardière, vice-président, tél. 04 76 75 23 31

 

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 08:31
 
COMMUNIQUE DE PRESSE

MERCREDI 13 décembre 2017

Notre-Dame-des-Landes : un rapport qui conforte les arguments contre le projet

 

La mission de médiation nommée par le premier ministre concernant le projet d’aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame des Landes vient de rendre son rapport. Après analyse des données afférentes aux différentes options, les médiateurs donnent tous les éléments pour privilégier l’aménagement de l’aéroport existant près de Nantes, plutôt que de construire un deuxième aéroport. France Nature Environnement se félicite de cette conclusion et appelle le Gouvernement à prendre une décision courageuse.

 

Un constat sans appel

 

France Nature Environnement et ses associations membres (FNE Pays de Loire, Bretagne Vivante, LPO 44 et Eau-et-Rivières de Bretagne) ont participé activement aux travaux de la mission de médiation. Le mouvement salue la qualité du travail réalisé par les médiateurs. Ce rapport écarte les leurres, clarifie les coûts, éclaire les angles morts afin d’aider à identifier la moins mauvaise solution entre rénovation de Nantes Atlantique et construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, à 23 km de Nantes.

 

A sa lecture, les arguments en faveur de la construction d’un nouvel aéroport tombent les uns après les autres : non, le trafic aérien n’est pas incompatible avec la préservation du Lac de Grand-Lieu. Non, le bruit ne va pas augmenter, ni empêcher les projets immobiliers au centre de Nantes. Non, la rénovation n’est pas plus coûteuse que le transfert puisque la nouvelle estimation financière diminue de moitié le coût estimé par la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) en 2013.

 

Renoncer au projet de nouvel aéroport : une décision courageuse et nécessaire

 

Ce rapport clarifie également nombre d’enjeux mis en avant par les associations et trop longtemps écartés. Le Gouvernement possède désormais tous les éléments pour prendre sa décision en regardant vers l’avenir, et acter l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Il doit faire preuve de courage, afin de renoncer à l’obstination des précédents gouvernements de ne jamais remettre en cause un projet inadapté. Cette décision innovante réconcilierait enfin « écologie » avec « économie » et permettrait de lancer un processus de co-élaboration d’un projet de territoire s’inscrivant dans une réelle transition écologique et solidaire.

 

Pour un projet de territoire co-construit

 

Les choix à venir ne doivent signifier ni la victoire des uns, ni la défaite des autres. Il n’est aujourd’hui plus possible d’envisager une société pérenne sans l’intégration des enjeux climatiques, ceux liés à la biodiversité et les nouvelles solidarités humaines à inventer pour y faire face.

 

Une rénovation de Nantes Atlantique sobre en espace et économe en financement public devra nécessairement prendre en compte la question du bruit, bien moindre dans son ampleur que celle agitée pendant des années, avec des solutions possibles pour pouvoir enfin la traiter. Du côté de Notre-Dame-des-Landes, le retour à la normale ne sera possible que si un processus concerté s’ouvre sur la question foncière et agricole, où puisse s’enraciner un véritable projet collectif agro-écologique, où chacun trouve sa place.

 

Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, conclut : « France Nature Environnement et son mouvement associatif appellent solennellement le Gouvernement à prendre une décision courageuse en faveur de la modernisation de l’aéroport actuel. Celle-ci marquera la volonté du président Macron de faire de la transition écologique et solidaire l’une des priorités du quinquennat. Nous avons besoin d’un nouveau modèle de société assumant les défis sociaux et environnementaux pour notre avenir et celui de nos enfants ».

 

 

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 74 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 07:29

Enfin !

Communiqué de presse du CéDpa - 14 décembre 2017


 
Le rapport remis le 13 décembre au Premier Ministre par les médiateurs dessine, enfin, une sortie possible du dossier de Notre-Dame-des-Landes.

Le CéDpa en a fait une lecture attentive et en sort conforté dans ses convictions.
 
En effet, pour la première fois, les arguments que nous avons développés depuis des années sur la possible modernisation de Nantes-Atlantique ont été entendus et validés par une analyse rigoureuse de tous les enjeux. Y compris celui du bruit et de la manière de répondre aux riverains de l'actuel aéroport dès à présent.

Les médiateurs ont aussi clairement pointé "les défaillances de la décision publique" et "l'absence d'un débat transparent et démocratique". Tous les élu.e.s devraient méditer aussi leurs recommandations sur la méthode et les critères qui aboutissent à une Déclaration d'Utilité Publique, à l'heure où les citoyens veulent légitimement participer aux décisions qui les concernent.

Nous tenons à  remercier tous ceux et toutes celles qui ont apporté leur temps, leurs compétences, leur énergie et aussi leur argent pour bâtir ensemble (CéDpa, Atelier Citoyen, Coordination des opposants) une contre-expertise crédible. Nous espérons que le gouvernement, désormais éclairé sur la vérité des faits et des enjeux, choisira la voie de la raison et de l'apaisement.  
 
Nous espérons aussi qu'il voudra bien ne plus nous traiter comme de dangereux irresponsables (voire pire) et nous recevoir enfin. Nous avons en effet aussi des idées sur ce qui pourrait être pour toutes les parties une sortie honorable de ce mauvais dossier qui n'a que trop duré.
 

Le CéDpa
 
 

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 06:29

 

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