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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 08:00

 

Deux, trois et pourquoi pas dix ponts pour continuer le surinvestissement routier !

 

Je ne peux que réagir en tant que militant de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports au plaidoyer «pro-routier» du rapporteur de la Commission transports et énergie du Conseil économique et social et aux analyses venant d’une institution qui se veut représentative de l’intérêt général qui plus est «environnemental» et que j’estime dans le cas présent venir tout droit des années 60 où l’automobile faisait encore rêver.

 

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Des ponts, des routes, un aéroport ... et un raton laveur.

Dans notre association, par ailleurs hostile au projet d’aéroport à Notre Dame des Landes nous ne comprenons pas en effet que l’on essaie d’expliquer à l’opinion que cet équipement nécessite de nouveaux franchissements de la Loire alors que ceux-ci servent surtout aux « pendulaires » du Sud-Loire comme le montre le rythme lancinant des embouteillages sur le pont de Cheviré.

 

En suivant ce raisonnement il faudrait admettre que l’implantation d’un aéroport au nord de l’agglomération soulagerait d’autant les traversées liées aux amateurs du transport aérien puisque 70% des habitants de Nantes Métropole sont concentrés au nord de la Loire.


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Le réseau routier d’une agglomération ne saurait être affecté à un groupe particulier d’usagers alors que seulement 10 à 15% de la population utilise le transport aérien. Son extension non réfléchie entraîne quasi mécaniquement des surcroîts de circulation et par conséquent à terme des congestions de voierie aux heures de pointe, les jours de grands départs ou de précipitation pluvieuse.

 

Les contradictions du CESR ... pardon CESE

En réclamant « deux ponts et un cadre départemental pour maîtriser l’étalement » André TAMEZA est en pleine contradiction avec les faits observés depuis trente ans dans la quasi-totalité des agglomérations françaises.

Le seul recours à l’automobile, la mise en service de voieries gommant la distance-temps comme notre incapacité à maîtriser les facteurs fonciers ont entraîné ce que d’aucuns appellent ici « l’archipel nantais » où dans un rayon de 30 et 40 kms de son centre plus de 200 000 « rurbains » vivent au rythme de la ville et se plaignent matin et soir des immanquables embouteillages.

 

Les besoins de notre pays et de notre région se placent ailleurs...

Au-delà la liste des améliorations proposées ou des créations d’infrastructures proposées dans l’entretien apparaît comme un catalogue à la Prévert des temps où on ne comptait ni les francs, ni les euros (élargissement du périphérique, « radiales » quadrillant le département, esquisse d’un deuxième contournement de Nantes…).


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Les besoins de notre pays et de notre région se placent ailleurs : la formation des jeunes pour faire face aux défis lancés aux pays européens, l’accompagnement du vieillissement de la population….

Heureusement il existe dans la représentation nationale, au sein de Nantes Métropole, parmi les élus du Conseil Général des responsables que le CESR n’a visiblement pas consulté et qui ont conscience des limites (voire des ravages sur la cohésion sociale) du « tout automobile ».


Reprenant les idées d’Albert SAUVY les défenseurs d’une mobilité tenant compte des facteurs écologiques et environnementaux n’ont cessé de plaider pour que l’on cesse d’ajuster les infrastructures dédiées à l’automobile aux heures de pointe et les voies ferrées au seul trafic résiduel (comme l’illustrent hélas actuellement les difficultés de cohabitation sur Nantes-Angers entre TGV et liaisons régionales renaissantes).

 

Les solutions à l'opposé du "toujours plus"....

Demandons plutôt, avec eux, que le débat sur les traversées de la Loire concernent l’optimisation de l’étoile ferroviaire (par exemple en prolongeant vers Chantenay les voies ferrées de l’Ile de Nantes qui pourraient accueillir un RER), les traversées en bateau ou bacs, l’allongement des réseaux urbains en site propre etc…

 

Equipements et services durables, à l’amortissement financier certainement plus aisé mais qui bien évidemment nécessitent des explications, du courage politique voire une certaine pédagogie face aux tenants du « toujours plus », de plus en plus incompréhensible dans un pays en crise économique et sociale.

 

 

J B LUGADET (Secrétaire FNAUT Pays de la Loire)

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Published by Fnaut Pays de la Loire - dans FNAUT Loire Atlantique
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