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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 08:02

Les inquiétudes de la Cour des Comptes ...

 

La Cour constate que la décentralisation du TER a été bénéfique pour les usagers, en particulier sur le plan tarifaire. Mais elle s’inquiète de l’importance du coût du TER pour l’Etat, RFF et les régions, donc pour le contribuable national ou régional.


Ses analyses font apparaître que :

+ le chiffre d’affaires TER de la SNCF a augmenté de 42% entre 2002 et 2007, mais son bénéfice reste négligeable car elle n’a pas amélioré sa productivité malgré la forte croissance de l’activité ;

+ les péages TER versés par la SNCF à RFF ne couvrent en moyenne les coûts d’infrastructure qu’à hauteur de 30% ;

+ la dotation de l’Etat aux régions (pour l’exploitation des services transférés en 2002, le renouvellement du matériel et la compensation des tarifs sociaux), voisine de 1,9 milliard d’euros en 2007, est supérieure de 40% (hors inflation) à celle qui était versée à la SNCF avant la régionalisation ;

+ la charge du TER pour les régions est croissante ; elle a été, en 2007, de 2,7 milliards d’euros, soit 630 millions pour les infrastructures et le matériel roulant, et 2070 millions pour l’exploitation ;

+ la contribution des usagers aux coûts du TER est faible.


 

P1040293.jpgL'achat de matériel neuf renchérit le cout de la Régionalisation... Mais remplacer  un matériel qui a 50 ans, par un

matériel plus récent est-ce du luxe ?

 

... et ses recommandations

 

La Cour préconise :

+ la création d’une commission des comptes du TER, qui permettrait de mieux apprécier les apports du contribuable et de l’usager ;

+ une hausse des tarifs ;

+ une stabilisation puis une réduction des coûts d’exploitation de la SNCF ;

+ l’ouverture du TER à la concurrence pour faire baisser les coûts ;

+ le transfert sur route des dessertes rurales les plus déficitaires.

Selon la Cour, qui se base sur des estimations de l’ADEME, le faible taux moyen d’occupation des TER (26 %) et le fait que 10% seulement des lignes TER sont électrifiées (55% de l’énergie consommée par les TER est d’origine thermique) font que le bilan écologique du train est médiocre, souvent inférieur à celui de l’autocar.


La Cour en déduit qu’il faut sacrifier celles des lignes UIC 7 à 9 qui sont utilisées par moins de 10 trains par jour (ces lignes représentent 27% du linéaire du réseau, soit environ 7 800 km, et supportent 2% du trafic ferroviaire dont 75% est du trafic TER) en reportant les services ferroviaires sur le car, le minicar ou le taxi.


Enfin la Cour souhaite qu’on prenne mieux en compte le point de vue des usagers, mais ... elle n’a pas consulté la FNAUT avant de rédiger son rapport.


 

2006_tis_le_mans.jpgLe car plus économique que le train mais si le report modal se fait moins bien ???

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Published by Fnaut Pays de la Loire - dans Les brèves de la FNAUT (l'actualité)
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commentaires

Jacques 28/12/2009 07:40


La cour des comptes est une institution respectable et essentielle dans notre vision économique, mais visiblement elle manipule les données avec de mauvais indicateurs. Le challenge serait de faire
pression sur cette cour pour que le bilan routier soit correctement fait.
Il est inadmissible d'ariver à la conclusion que les désertes secondiares doivent être abandonéées. Les "routiers" vont s'en donner à coeur joie!
La FNAUT ne doit-elle pas écrire officiellement à la cour?


Fnaut Pays de la Loire 30/12/2009 19:55


La cour des comptes a l'habitude de faire des rapports. Elle a déjà eu l'occasion  d'égratigner le réseau autoroutier pour ces coûts exorbitants.Sans que cela change profondément la
donne...
En ce qui concerne les lignes ferroviaires elle fait un calcul économique, sans tenir compte des aspects écologiques et d'aménagement du territoire.Mais il est vrai aussi que si les lignes
secondaires ne sont pas utilisées comme il le faudrait c'est que la route a longtemps profité de la bienveillance des élus et des français...
La FNAUT aura l'occasion de s'exprimer et de présenter son analyse sur ce dossier...  


palussiere 26/12/2009 14:42



Je dénonce un bilan essentiellement financier de la Cour des Comptes concernant la régionalisation des transports ferroviaires.


Sa démonstration s’appuie sur une vision passéiste de la bonne santé d’une société en utilisant des indicateurs productivistes.


A l’époque du Grenelle de l’environnement, d’un contexte de réchauffement climatique et d’un début de prise de conscience des limites
de notre mode de vie consumériste, il serait temps que ces Messieurs bien intentionnés, prennent en compte dans leurs mesures les bénéfices écologiques et sociologiques que peut apporter le
transport ferroviaire.


 


Qu’on ne s’y trompe pas, leur rapport est un hymne « caché » au développement routier.


Depuis les années 30, la diffusion du bitume s’est accélérée jusqu’à aujourd’hui encore avec les extensions d’autoroutes et voies
rapides pour répondre à une demande de liberté du déplacement individuel fournie par l’automobile et le pétrole, malgré la pollution occasionnée. Cette évolution s’est faite au détriment de
l’utilisation des infrastructures ferroviaires ainsi jamais renouvelées et en grande partie détruites.


 


Une démarche responsable aurait été d’analyser les besoins des citoyens et les économies « carbone » que peut apporter
un  transport collectif comme le rail pour proposer des solutions d’améliorations de la gestion au sens large du ferroviaire.


 


Pour ma part, je ne conçois pas une offre ferroviaire à 2 vitesses, avec l’abandon des dites petites lignes, ce sont elles qui
assurent une équité (une justice) entre les territoires, de plus elles participent à l’accoutumance des usagers. Je me rappelle d’un dictionnaire des années 50 qui affichait une carte mondiale
des régions à plus de 50 km d’une gare, il n’y en avait pas en France, pourrait-on en dire autant aujourd’hui !


 


C’est pourquoi, je défends un développement ferroviaire voyageurs selon 3 axes :


-         un réseau principal structurant national et européen rapide
– pour le voyage et les affaires –  qui comprendrait les LGV mais aussi des transversales ou interrégionales.


-         un réseau secondaire complémentaire constituant un maillage
attractif inter-cités et/ou arrosant les villes moyennes ou petites de l’espace rural.


-         un réseau périburbain (TER, tram-train, tram) jusqu’à 10, 30
, 50 km autour des villes-centres – pour les trajets domicile-travail (ou études).


 


Pour favoriser la fréquentation et donc un certain « rendement », les dessertes de tous niveaux devront être cadencées ou le
cas échéant d’un minimum de 4-5 AR quotidiens du style 2-1-2 (inter-villes) ou 1-1-2  / 2-1-1
(ville-campagne). Le projet sur Nantes à Chateaubriant est un bon exemple : 23 jusqu’à Sucé, 14 jusqu’à Nort et 5 jusqu’au terminus.


 


Bien entendu, ces objectifs certes ambitieux ne s’entendent qu’avec une modernisation des infrastructures (notamment
l’électrification) et en parallèle du développement fret ; j’ajouterais enfin une clause de sauvegarde sur les emprises non utilisées.


 



Fnaut Pays de la Loire 26/12/2009 16:02


La FNAUT ne partage évidemment pas l'ensemble de l'analyse de la cour des comptes à commencer par la solution qui consiste à élaguer le réseau ferroviaire. Cela dit elle a déjà bien souvent dénoncé
le programme autoroutier pour ses dépenses excessives. Il va de soi que la prise en compte de l'environnement doit se faire en modifiant les indicateurs socio-économiques et également lors des
enquêtes que les coûts socio-externes liés aux différents modes de transports soient appréciés à leur juste mesure: Actuellement le mode routier est sous évalués aux niveaux de ses nuisances...


N'hésitez pas à réagir à notre vision de l'univers régional des transports en Pays de la Loire et un peu au-delà parfois !

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