...l 'Etat se sert en premier...
Un dividende versé à l’Etat par la SNCF : la FNAUT fait part
de son incompréhension et de son inquiétude
Selon le ministère de l’Economie et des Finances, cité par le Journal du Dimanche du 16 mars 2008, la SNCF va verser à l’Etat un dividende (qui pourrait se monter à 150 millions d’euros) au titre de son exercice 2007, au cours duquel le groupe SNCF a dégagé un bénéfice de 930 millions d’euros.
Cette information suscite l’incompréhension, car la SNCF n’est pas une entreprise industrielle ordinaire tenue de rémunérer son actionnaire.
L'état du réseau necessite déjà des moyens financiers supplémentaires pour régénérer les voies ferrées hors d'âge (train de travaux en gare
d'Angers)
Elle suscite l’inquiétude car, manifestement, l’Etat sous-estime l’ampleur de l’effort financier qui est nécessaire pour mieux répondre aux exigences de service public, d’aménagement du
territoire et de sauvegarde de l’environnement exprimées par les voyageurs et les régions.
Le Chef de l’Etat vient, dans une lettre de mission datée du 27 février, de fixer au nouveau président de la SNCF des objectifs sociaux et écologiques ambitieux, en remarquant qu’ils exigeaient «
la mobilisation de moyens financiers supplémentaires de l’entreprise ».
Parmi ces objectifs, figure celui de « faire des déplacements ferroviaires quotidiens un nouveau modèle de service public ». Sa réalisation suppose que la SNCF puisse moderniser ses gares et son
matériel roulant, étoffer et fiabiliser ses dessertes de proximité (Transilien, TER, Corail Intercités), en Ile de France comme en province.
Dans ces conditions, on comprend mal que l’Etat, pour alimenter son budget général, cherche à priver la SNCF de moyens dont, sauf à s’endetter dangereusement, elle a un besoin impératif pour
atteindre des objectifs qu’il a lui-même fixés.
Cette décision augure mal de sa volonté de mettre en œuvre les préconisations du Grenelle de l’environnement, qui supposent un effort sans précédent pour développer les performances et
l’attractivité du rail.
Paris, le 18 mars 2008
Jean Sivardière, président de la FNAUT
Communiqué de Presse de la FNAUT Nationale
Commentaires
Il est à espérer que l'Etat reversera à RFF la somme en question pour la remise en état du réseau.
Une partie seulement retournera aux transports collectifs, le reste ira à l'Etat
Il devrait être reversé à l'infrastructure ferroviaire, la manière la plus simple étant d'augmenter les péages...
Quant aux commentaire de Michou, ils sont parfaitement justifiés. Mais c'est justement là qu'il faut réagir. Soit le bénéfice d'une société d'Etat n'est pas une notion défendable, soit il vaut mieux ne pas en parler!
Je note personnellement qu'il s'agit de 150 MEuros qui devraient être réinvestis TOTALEMENT vers RFF et l'amélioration du réseau.
Les bénéfices devraient être réinvestis dans l'infrastructure et c'est là que l'on constate que la SNCF n'a pas toutes les libertés. C'est l'Etat qui décide même si cela va à l'encontre de sa stratégie.
C'est bien pour cela que les 150 MEuros qui arrivent dans les caisses de Bercy pourraient être réinvestis.
Guillaume PEPY a bien l'intention d'investir dans l'infrastructure.

L'Etat va pénaliser la SNCF de deux manières: d'une part en prélevant une partie de se "bénéfices", d'autre part en augmentant les péages de RFF de 80% (uniquement pour la SNCF). D'ailleurs il faut rapprocher de cela l'affirmation faite dans LVDR que RFF allait baisser ses tarifs de 50% pour les nouveaux opérateurs privés. Le sabotage de l'entreprise publique continue. M.SIVARDIERE continuez votre combat!