Notre Dame des Landes, quelle alternative pour le développement durable ?
Miser sur le développement du transport aérien, c’est prendre deux risques :
1/ Ne pas répondre aux besoins du futur. La croissance du
transport aérien ne va pas durer éternellement, du fait des taxes anti pollution à venir et de l’augmentation du coût du carburant.
2/ Aggraver la pollution. Les trafics aériens ont une
incidence très forte sur la pollution : l’avion est une usine à produire du CO², entre 10 et 20 fois plus que le train. Et les financements pour l’aéroport ne permettront pas de dégager les
financements nécessaires pour développer les transports moins polluants.
Quelles alternatives pour l’Ouest, loin des centres européens ?
La moitié (soit 1 200 000 passagers/an) du trafic de Nantes Atlantique est assurée par des vols réguliers à destination de la France, à des distances variant entre, à vol d’oiseau
300 km (Bordeaux, Brest) et 800 km (Strasbourg, Nice), en passant par de forts trafics vers Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, etc….
Le mode aérien : un mode trés polluant
Ces liaisons aériennes engendrent une production de CO² dépassant les 200 000 t, sans compter les approches terrestres qui se font essentiellement en
voitures individuelles. C’est énorme. Tout ceci n’est évidemment pas comptabilisé dans les études d’impact de l’aéroport.

Pour concurrencer l'avion, il vaut mieux améliorer les relations TGV et Grandes Lignes pour desservir le réseau des villes (TGV Duplex en gare de Rennes).
Favoriser le train pour les dessertes à moins de 800 km devrait permettre de diviser par deux ou trois ces chiffres, car l’on sait que pour des trajets de quelques
heures, le train est très concurrentiel par rapport à l’avion, à qui il prend des parts de marché .
Il faudrait pour cela mettre l’accent sur les lignes à grande vitesse, (LGV) et la modernisation de quelques lignes classiques. Concrètement cela voudrait dire pour
Nantes :
1/ Créer de nouvelles LGV : Nantes
Angers est à dédoubler car proche de la saturation ; cela permettrait de gagner au moins un quart d’heure en direction de Paris, de Lyon, de Lille et de l’Est. Le passage amélioré en
banlieue Sud parisienne devrait permettre de réduire d’autant les temps de trajets.
2/ Améliorer les lignes vers Brest et
Bordeaux pour passer en dessous de 3h de centre à centre, durée pour laquelle le train est concurrentiel par rapport à un avion, qui atterrit loin du centre et bénéficierait de
fréquence moindre.
3/ Se raccorder vers le Sud à la nouvelle LGV Tours
Bordeaux, dont le compte à rebours est lancé et qui donnera accès à la péninsule ibérique, à Toulouse (la LGV Bordeaux Toulouse est pratiquement décidée) et à la Méditerranée
languedocienne et catalane. Mais faut-il s’y raccorder via à Bordeaux, ce qui nécessiterait de transformer Nantes Bordeaux en quasi LGV, ou via Poitiers, plus proche, en (ré)ouvrant une liaison
rapide Nantes Poitiers Limoges). L’Ouest doit réfléchir à ses relations avec le Sud de la France et la péninsule ibérique.
Une politique de priorité au développement durable permettrait donc de contenir ou de limiter le nombre d’avion au dessus de Nantes.
Faire de véritables choix écologiques et durables
Les collectivités n’ayant pas les moyens de tout financer (aéroport et lignes ferroviaires), la solution d’avenir et du développement durable est de prioriser les
déplacements par un mode de transport peu polluant, qui a d’autres avantages :
1/ Desserte fine du territoire : l’avion pousse à la
concentration des fluxs et des hommes sur les métropoles, au détriment des villes intermédiaires, (Angers, la Roche sur Yon, le Mans, etc…, qui sont au contraire desservies par le
train).
2/ Lutte contre l’étalement urbain :
les trains desservent les centre ville, et sont raccordés à des transports en commun, tandis que les aéroports, en lointaine périphérie, poussent à la croissance du trafic automobile et à
l’extension de nouvelles banlieues et zones d’activité impossibles à desservir avec une bonne fréquence par du transport en commun.
Pour un désenclavement « durable »
L’Etat et les Régions doivent mettre leurs actions en cohérence avec leurs discours. S’opposer à l’aéroport maintenant, ce n’est donc pas forcément bloquer
le développement de l’Ouest. Il faut organiser et mettre en œuvre avec plus de vigueur un désenclavement « durable » qui soit respectueux de l’environnement.
Fresque Humaine et Manifestation anti Notre Dame des Landes sur le terrain le 26 juin 2006 (photo ACIPA)
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